Genre Cypraea, L. 1758

Use F11 for more comfortseashell,shell,cowrie,Click on a picture to enlarge

Ce genre ne comporte que trois espèces, deux certaines et une controversée: Cypraea tigris, Cypraea pantherina et Cypraea schilderiana.

Cypraea tigris x pantherina Cypraea tigris de Wallis Cypraea tigris édentée

English version

Voici la plus célèbre et emblématique des porcelaines sinon des coquillages. Tout le monde ou presque en a connue, vue chez sa parentèle, sur la cheminée. «Tiens, écoute la mer!». Toujours un tonton à moustaches un peu sulfureux pour la famille, qui a fait la Coloniale, l' Indo ou les Dardanelles, voir la Royale, Madagascar, Pondichery... les bancs de Terre-neuve, la langouste au large de l' Afrique; pourquoi pas! Ou tout simplement ramenée des Sables-d' Olonnes à l'occasion des premiers congés-payés. Et voilà, on a attrapé le virus. Je dois dire que la période d' incubation est variable, souvent longue: de 7 à 77 ans. Un événement déclencheur est toujours nécessaire. Et avantage de la «bête»: on en trouve partout. Elle est présente dans tout ce qui rapporte a la plage, la mer, les vacances. Je ne parle pas seulement des boutiques de souvenirs mais aussi des devantures et vitrines de pharmacies, coiffeurs pour dames, agences de voyages et d' assurances, brocantes et vide-greniers mais curieusement rare chez les écaillers et poissonniers.

Elle se commercialise à la tonne. Il n'est pas rare de voir des palettes entières, en vrac, en sacs, en tas. Au sud-ouest de Zanzibar, une plage appelée shell beach en est jonchée, toutes décalottées proprement, certainement pour l'alimentation des habitants du village voisin. Faut dire que la pauvrette ne se cache pas le jour, vit sur le récif dans de petits fonds et adore les bains de soleil dans les mares d' eau chaude à marée basses.

En Nouvelle-Calédonie et au moins dans la Mélanésie, elle est utilisée pour la pêche aux poulpes. La coquille est agrémentée d'une «queue» fabriquée en ce qu'on veut dans la mesure où cela imite des poils dans l' eau. Il y faut un peu de rouge. Ensuite, tirée au bout d' un bout d' une manière ondoyante et lascive au-dessus du récif (- de 1 m. de fond), elle est censée leurrer les poulpes qui, les gros bêtas, la prendraient pour un rat (d'eau?). Ils y en a beaucoup dans les cocoteraies et sur les motus (polynésie). Une fameuse légende: le poulpe et le rat, est régulièrement contée en Nouvelle Calédonie à laquelle nul z'oreille allant en tribus ne peut échapper. Ils en ont plusieurs comme cela. Elles se terminent toutes par une morale édifiante; ce sont leurs fables de La Fontaine. Une qu'il faut se faire conter par le menu à tout prix est celle du «tayo gras». C'est une légende, pour le coup, de la côte est qui date de l'arrivée des polynésiens sur l'île de Ouvéa (Uvéa) et celle de la «racine du banian» (Canala) qui doit dater de la même époque. Je ne m'étendrais pas sur la connotation sexuelle de la bête fraîchement pêchée, éternel sujet de fous rires, regards en coin, appuyés, explicites et + si affinités, de la part des «popinés» (nom local des cigales de mer et des jeunes filles). Donc le poulpe, par le leurre abusé, sort de son trou et d'un vigoureux coup de pattes se propulse sur la chose, l'enlace, s'y colle, et hop! on tire le tout dans le bateau. Terminé!!!

Bon, on passe aux choses sérieuses. La TIGRIS!!! Surtout les miennes. Toutes les grosses présentées viennent de la baie de Magenta (N.C.). Il ne me serait pas venu à l' idée de ramasser des petites. La grosse orange a été achetée dans un curios espagnol et les autres sur des brocantes parisiennes. Mes observations quant à la différence Cypraea tigris/schilderiana. Si les dents plus courtes font la différence alors Hawaï n'a pas le monopole de la production. Il a peut-être celui du gigantisme dans l'espèce mais pas des ''dents courtes''. Certe les gros points noirs bien définis en sont une caractéristique mais si l' on sélectionne que celles qui correspondent aux critères et que l' on ''déclasse'' en Cypraea tigris les autres..... Cela me fait penser aux tenants de l' exclusivité des ''niger'' en N.C. qui acceptaient du bout des lèvres qu' il puisse y en avoir en Australie mais pas sur la côte est. Jusqu'à plus ample informé j' ai des Cypraea schilderiana qui ne viennent pas de Hawaï. NA!!!Les Cypraea schilderiana hawaïennes proposées sur Ebay ont vraiment les dents columellaires cantonnées à l' ouverture.

Maintenant, puisque vous m'avez lu jusque là, vous pouvez regarder les photos.

Galerie